visite virtuelle du potager conservatoire de Lacroix-Laval

 

Depuis plusieurs années je soutiens dans la cadre de ma délégation au sein de la Métropole de Lyon le travail des ethnobotanistes du CRBA, (centre ressources de botanique appliquée).
Stéphane Crozat et Sabrina Novak vont à la recherche, recueillent et remettent en culture les variétés anciennes de fruits, fleurs ou légumes créées dans la région lyonnaise. Nous l’avons oublié, mais au début du 20ème siècle, la région lyonnaise était une des principales régions au monde de création de variété horticoles.

Aujourd’hui, dans une période marquée par l’appauvrissement de la biodiversité, de la crise climatique et de la privatisation du vivant par quelques grandes sociétés multinationales à leur profit, ce travail est pour moi fondamental pour que nos enfants puissent dans l’avenir encore avoir accès à des semences libres de droits, à une bonne qualité nutritionnelle et gustative des aliments et à une biodiversité préservée.

 L’équipe du parc de Lacroix-Laval, qui a rejoint la métropole en 2015 a pris ce travail très au sérieux et en a fait un axe de son projet de service. En voici un résultat concret : un potager conservatoire de variétés anciennes – et de techniques culturales anciennes – de 6000 m2 au sein du très beau parc du château de Lacroix-Laval et une visite virtuelle pour vous donner envie d’aller le voir (certes, pas forcément à la saison la plus favorable).
Voici le lien pour la visite virtuelle : http://parcs.grandlyon.com/potager3D/index.html
Au-delà du conservatoire, nous travaillons pour rendre ce patrimoine vivant : par exemple avec le mouvement régional des AMAP et des cuisiniers tels qu’Alain Alexanian, pour la remise en culture et en circulation de ces variétés anciennes, malgré les obstacles juridiques. Et aussi avec l’Institut Vavilov de Saint-Pétersbourg qui a, au cours du 20ème siècle, recueilli et conservé une grande partie des variétés cultivées dans le monde et constitue aujourd’hui la plus grande banque de semences libres au monde (300 000 variétés).

Au passage, la vie du fondateur de cet institut, Nikolay Vavilov, mériterait un grand film : il a fait le tour du monde au début du 20ème siècle, avant l’industrialisation de l’agriculture, pour recueillir les semences de tout ce qu’il trouvait, en notant aussi les climats, la nature des terrains, les plantes associées et les techniques agricoles des pays qu’il visitait. Mal recompensé, il est mort de faim au goulag, déporté par Staline pour s’être opposé au sinistre faussaire Lyssenko. Pendant la deuxième guerre mondiale, les nazis voulaient absolument faire main basse sur les variétés de semences conservées par l’institut Vavilov. Les scientifiques de Vavilov sont ce qu’on peut qualifier de héros martyrs : une partie est morte de faim en sauvant les collections scientifiques…

 

Et aujourd’hui, l’Institut nous a offert gratuitement de nombreuses variétés de semences crées à Lyon … que nous avions perdues ! Le partenariat avec l’Institut va s’amplifier en 2017. Je vous le raconterai plus tard.

Post-Scriptum : c’est ce travail qui est raconté dans la BD « la monstrueuse de Lyon » scénarisée et écrite par Sandrine Boucher et dessinée par Mathieu Ferrand. dans la série « les rues de Lyon ». Comme toutes les BD de la série, elle est au prix exorbitant de 3€. Ne la ratez pas !

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