Les logiciels libres, entre marxiste et capitalisme … un article intéressant sur le blog de Framasoft …et ma réaction

l’article sur le blog de Framasoft : http://www.framablog.org/index.php/post/2013/01/01/Le-Libre-entre-marxisme-et-capitalisme
et ma contribution réaction :

Etrange quand même ! cet article qui part d’une question intéressante passe à mon sens à côté de l’essentiel !

Le marxisme, c’est à dire la propriété publique des moyens de production (au nom d’une vision dialectique de l’histoire) suppose un contrôle par l’État, donc par une technocratie, des forces économiques soit disant au nom du peuple (on sait ce qu’il est advenu : une caste encore plus violente et inégalitaire dans la mesure où elle n’avait plus aucun contrepouvoir). Le Libre ne réclame qu’un « État gendarme » – c’est à dire qui garantisse le respect de la licence libre, donc suppose un État mais qui n’intervient pas dans la production, en tout cas qui n’en possède pas les outils.

Le capitalisme, c’est le mythe de la propriété privée comme garantie de la liberté – sans voir que, comme l’a bien dit Lacordaire « entre le fort et le faible, c’est la loi qui libère (« affranchi » dans le texte original) et la liberté qui opprime ». Au nom de la protection de la propriété privée, on opprime des millions (milliards ?) de personnes dans le monde. Les licences libres interdisent l’appropriation privée : on peut tout faire sauf priver les autres de la possession du même outil.

En fait, il faut chercher ailleurs, et notamment chez Proudhon et dans la tradition anarchiste : Proudhon avait pensé la « possession » contre le droit de propriété, c’est à dire une forme de « propriété » collective mais pas publique, où les ouvriers possèdent leur outil de travail (donc une « propriété » privée et en aucun cas d’Etat) mais sans tous les attributs classiques du droit de propriété, c’est à dire sans la possibilité d’en « disposer de la façon la plus absolue » qui est inscrite dans notre code civil. Le titre-slogan de PJ. Proudhon « la propriété c’est le vol », ne va-t-il pas comme un gant aux licences libres, propriété privé mais sans appropriation privée ?
Dans cette tradition qui nous a donné les coopératives et les mutuelles -entre autres – il y a vraiment les outils intellectuels pour penser une alternative tant au capitalisme qu’au marxisme. Je crois que le libre s’inscrit pleinement dans cette pensée qui pense le politique dans l’économie (et pas seulement l’inverse comme aujourd’hui) et le primat de la pratique.
Pensée contemporaine de Marx, mais combattue par Marx et tous les marxistes. Donc je ne crois pas qu’on puisse dire que le logiciel libre est marxiste !

Si quelques-uns ont envie de travailler sur cette question, je suis partant !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *