une claque salutaire ou un coup de poing qui tue ?

Que sera le Brexit aux yeux de nos descendants ? Une claque salutaire si l’Europe devient une communauté de destin ou un coup de poing mortel si les nationalismes gagnent…

Il faut remettre ce vote en perspective : depuis plus de 10 ans – l’échec du referendum en France sur le traité constitutionnel européen, c’était en 2005 – les peuples européens votent contre cette Europe là.

Et ce Brexit, c’est encore une défaite de l’Europe des marchés, de « l’Europe Marché » contre les peuples qui réclament une communauté de destin. Si elle n’est pas européenne, cette communauté redeviendra nationale et malheureusement nationaliste.

C’est la défaite de l’Europe qui sauve les banques et écrase les peuples, comme la gestion de la crise grecque l’a montré.

C’est aussi la défaite, définitive je l’espère, de la « main invisible du marché » qui nous conduit vers le bien commun. Le marché sans limite privatise et vampirise les biens communs, enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres, bref il tue la société. Et les peuples en ont assez d’assister avec impuissance à cette destruction méthodique. Ce n’est pas l’économie qui tire la politique, mais bien la politique qui tire l’économie.

C’est la défaite aussi d’une Europe qui reste une Europe des nations, où ce sont les chefs d’États des États membres qui décident et pas le Parlement élu. C’est la défaite des mous du bulbe en politique qui vont voter quelque chose à Bruxelles et qui n’assument pas dans leur pays en mettant la décision sur le dos de « Bruxelles ». En réalité « Bruxelles » c’est ce que nos chefs d’États en font !

Les fondateurs de l’Europe, au lendemain de la seconde guerre mondiale, avaient utilisé l’économie comme levier d’intégration continentale. Cela a marché jusqu’à l’effondrement du communisme. Une Europe politique aurait du naître à ce moment. Nous n’avons pas su la faire advenir.

Il y a des claques salutaires et des coups de poing qui tuent. Dans tous les cas, au début ça fait mal ! A nous maintenant de relever l’Europe… ou de subir la désintégration dans la violence des nationalismes.

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