En France, la pauvreté baisse … en théorie

L’ INSEE a annoncé récemment que le taux de pauvreté avait légèrement baissé en 2013. Et toute la presse s’enthousiasme de cette évolution « certes modeste » mais qui est une bonne nouvelle…

En fait, Louis Maurin, le directeur de l’observatoire des inégalités nous donne une lecture mois enthousiaste : le seuil de pauvreté est calculé comme un pourcentage du revenu médian*, le plus souvent 60 %. Ces dernières années, les classes moyennes ont vu leur revenu stagner et le revenu médian a baissé. Et donc mathématiquement, le seuil de pauvreté a baissé. Et si le seuil de pauvreté baisse, le nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté baisse sans que la situation des gens ne s’améliore en réalité !

L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale a lancé une réflexion sur les budgets de référence et calculé un niveau de vie permettant de « participer pleinement à la vie sociale », un travail qui s’inspire des « budgets types » de l’Union nationale des associations familiales. Le résultat a de quoi faire sursauter puisque la moitié de la population ou presque ne pourrait « participer »…

Je rajoute une observation liée à mon travail sur la transition énergétique : à l’inverse le revenu peut baisser, mais si les dépenses contraintes** baissent plus, on peut avoir un « reste à vivre » plus important. Et c’est ce que nous essayons de faire en aidant à l’isolation des bâtiments, en combattant la dépendance à la bagnole, et en relocalisant l’agriculture.

Bref, entre gagner plus pour dépenser encore plus et organiser la sobriété pour dépenser moins sans se priver, personnellement j’ai choisi !

Bon pour revenir au sujet, la pauvreté baisse en théorie, mais nous ne vivons pas en théorie …

le lien : http://www.alterecoplus.fr/chronique/louis-maurin/pendant-la-crise-la-pauvrete-baisse-en-france-explications-201509141610-00002088.html

*revenu médian : 50 % des français gagnent moins et 50 % gagnent plus

** dépenses contraintes : les dépenses auxquelles on ne peut pas échapper, essentiellement logement – loyer et chauffage – , alimentation et déplacements

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