+15 % par an depuis 2010, +26 % entre 2015 et 2016 : le trafic vélo explose à Lyon

Dans le domaine du développement durable, les transformations les plus importantes se font par en bas, par la transformation des usages. Combien de fois ai-je dit la société est prête à la transition écologique des modes de vie et aux changements que cela implique, bien plus que sa représentation politique au sein des institutions et des assemblées délibérantes ? Combien de fois les arguments que nous avançons sont balayés avec un air méprisant par un « c’est encore une lubie de bobo urbain » ?

Dans le domaine du vélo en ville comme dans d’autres domaines (consommation responsable, santé environnementale etc.), Ce décalage est de plus en plus criant. Récemment encore, un élu Républicain m’a expliqué très sérieusement qu’il y avait trop de vélo en ville, que ça devenait un problème et qu’il fallait les « réguler ». Vision du siècle dernier qui est malheureusement encore majoritaire dans les assemblées élues des collectivités territoriales.

Le fait que la métropole de Lyon ait mis les données des 55 points de comptage comptage vélo sur l’agglomération en ligne permet aujourd’hui de faire apparaître la réalité. 15 % par an, c’est un doublement du trafic depuis 2010. Et cette progression s’amplifie : plus 26 % l’an dernier. Certes, les pessimistes diront que partant de presque rien, deux fois plus c’est toujours pas grand-chose ! Cet argument est faux : l’augmentation du trafic vélo dépasse nos prévisions et impose de revoir nos politiques urbaines. Fin septembre 2016, un record a été battu sur un des principaux axes Est-Ouest de la ville, le cours Gambetta : 13 000 véhicules (voitures ou camions) et plus de 6000 vélos, alors que la voirie est à 90 % consacrés aux voitures. Et je vous parie que ce record sera largement battu cette année. Pendant la semaine glaciale, sibérienne, du 1er au 6 janvier, l’une des plus mauvaises périodes pour le vélo en ville, se sont encore près de 3000 vélos par jour qui sont passés sur le pont Lafayette qui relie la presqu’île à la rive gauche du Rhône !

Et si l’augmentation constatée entre 2015 et 2016 se poursuit, c’est une multiplication par 2,5 du trafic vélo d’ici 2020 qui s’annonce. Et là je pense qu’il va falloir amplifier les aménagements cyclables, sinon les conflits d’usage vont apparaître : les cyclistes ne se sentant pas en sécurité sur la voirie vont envahir les trottoirs et les risques d’accidents avec les piétons vont se multiplier. Il faut mieux partager la voirie et rendre le trafic vélo plus sûr, plus sécurisé. Bref il faut revoir notre plan vélo à la hausse.

Ce phénomène n’est pas uniquement un phénomène Lyonnais ou Français, il est valable dans le monde entier. Par exemple à Copenhague au Danemark, où les hivers sont particulièrement rudes, le trafic vélo a dépassé cette année le trafic automobile. Et j’espère que cette tendance va s’amplifier : rappelons que les enquêtes ont montré que dans la métropole de Lyon, 60 % des déplacements automobiles en ville font moins de 3 km. Et pour faire moins de 3 km, on va la plupart du temps plus vite en vélo, et encore plus aux heures de pointe.

Une transformation silencieuse, par en bas, mais majeure est en route. Accompagnons la et la transition post-carbone des villes ne sera plus un horizon qui s’éloigne quand on croit aller vers elle, mais une réalité qui s’incarne dans la vie quotidienne de chacun d’entre nous.

Quelques articles sur le sujet

http://www.leprogres.fr/lifestyle/2017/01/28/velo-le-trafic-explose

http://www.rue89lyon.fr/2017/01/27/a-lyon-trafic-velo-a-augmente-de-26-2016/

http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/lyon-metropole/grand-lyon/lyon/metropole-lyon-370-augmentation-du-trafic-velo-10-ans-1103909.html

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