Cure de désintox, épisode 2 : si on ferme des centrales nucléaires, l’État devra verser des milliards à EDF ?

Deuxième troll de l’été auquel il faut tordre le coup (avec l’aide précieuse de la lumière du soleil!) : si le gouvernement et/ou le Parlement décidaient la fermeture de centrales nucléaires, EDF pourrait prétendre à une indemnisation de plusieurs milliards. Autrement dit, la transition énergétique coûtera très cher aux contribuables et aux ménages, bref à chacun d’entre nous !

A l’origine, une véritable info : à l’occasion de l’examen de constitutionnalité de la loi sur la transition énergétique, le conseil constitutionnel a dit que la loi n’empêcherait pas EDF de prétendre à une indemnisation.

Évidemment, tous les hérauts du lobby nucléaire sautent sur l’occasion pour expliquer qu’une telle décision serait profondément démagogique et qu’elle serait une double peine : d’abord parce ce que la transition coûtera cher, et doublement cher parce qu’en plus il faudra indemniser EDF.

Là encore, c’est d’une mauvaise foi flagrante, mais sans doute calculée…

En premier lieu, il ne faut pas nier que la transition coûtera cher, plusieurs centaines de milliards d’euros. Mais la Cour des Comptes a évalué le coût d’une relance du nucléaire (puisque nos centrales construites dans les années 70 arrivent en fin de vie). Et en fait, transition ou relance du nucléaire coûtent la même chose. (pour les coûts de production du nucléaire : http://www.ccomptes.fr/Actualites/Archives/Le-cout-de-production-de-l-electricite-nucleaire )

Et encore, c’est à partir des coûts actuels… alors que le prix des énergies renouvelables diminue et que celui du nucléaire augmente sans cesse, et qu’il est impossible de chiffrer aujourd’hui certaines dépenses : coût de démantèlement des centrales, coût du stockage des déchets etc. Alors pour le même prix, on continue dans le nucléaire ou on bascule vers les énergies renouvelables ?

Mais, est c’est la fausse info,  va-t-on commencer par par payer des milliards à EDF sans contrepartie, juste pour avoir le droit de choisir un système énergétique ?

Que des multinationales et des groupes industriels demandent des réparations financières aux Etats, c’est à la mode. C’est ce que prévoit notamment le projet de traité transatlantique TAFTA. Par exemple, à partir de traités déjà existants, le groupe nucléaire suédois Vattenfall réclame à l’Allemagne 4,7 milliards d’euros en réparation du préjudice subi du fait de la décision allemande de sortir du nucléaire. Vattenfall exploite en effet deux centrales en Allemagne. C’est sur ce même mécanisme que les fabricants de cigarettes ont attaqué l’état australien qui a imposé le paquet neutre.

On pourrait donc imaginer qu’EDF attaque l’état Français sur cette même base… mais on imaginerait à tort :

  • En premier lieu la responsabilité de l’État du fait des lois n’est pas une nouveauté. Tous les étudiants en droit public connaissent la jurisprudence classique datant de 1938 « société la fleurette », qui en a posé les principes : il faut d’une part que la loi n’ait pas expressément écarté l’indemnisation et d’autre part que le préjudice soit « anormal et spécial ». C’est ce que le conseil constitutionnel a simplement dit : la loi sur la transition énergétique n’a pas expressément dit qu’une indemnisation était écartée. Oubli ? Négligence coupable ou organisée ? Même pas parce que la situation ne l’imposait pas…

  • Car, surtout, qui est l’actionnaire majoritaire d’EDF ? L’État français à 80 %. Le PDG d’EDF est même nommé par décret du président de la République. Ce serait assez étonnant de voir l’État français se réclamer une indemnité à lui-même, non ? Et surtout, il suffirait que l’État décide en tant qu’actionnaire majoritaire lors d’une assemblée générale de l’entreprise. Même pas besoin d’une loi…

Bref, en tant qu’actionnaire majoritaire d’EDF, l’Etat peut impulser la direction qu’il veut sans encourir un recours en responsabilité ! Le risque de voir l’État condamné à se verser des milliards est juste théorique … et absurde.

Notons au contraire que le nucléaire va quoi qu’il arrive coûter très cher : AREVA est en faillite, et son PDG réclame une recapitalisation de … 7 milliards d’euros … pour remettre les comptes à zéro. Bref, pour continuer dans le nucléaire, on va commencer par verser 7 milliards d’euros sans contrepartie, et pour rien …

Revue de presse de la propagande de l’été. Episode 1 : la transition énergétique allemande,c’est le retour au charbon, c’est sale »

Pendant les vacances d’été, l’information est plus rare et les journaux ne savent pas trop comment occuper leurs pages. Alors les lobbies de tout poil en profitent pour occuper l’espace. D’autant que les contradicteurs, associations, citoyens, militants etc. sont en vacances, et que donc les contrepouvoirs sont endormis. Et cet été, nous avons assisté à un festival de propagande. Voici une petite revue de presse subjective et surtout le decryptage/désintox.

Allons ensemble à la chasse aux trolls …

Episode 1 :« La transition énergétique allemande, c’est le retour au charbon, c’est sale »

C’est un article qui a circulé dans toute la presse quotidienne régionale, depuis le Progrès en Rhône-Alpes jusqu’aux Dernières nouvelles d’Alsace… et je n’ai pas recensé toutes les occurrences. Ben, c’est juste faux !

– en premier lieu, la production d’électricité par des centrales au charbon est stable en Allemagne depuis l’an 2000. Ce qui est vrai, c’est que le recours au charbon avait diminué jusqu’en 2008 avant de remonter un peu – donc avant Fukushima, qui a eu lieu en 2011 et la décision allemande de sortir du nucléaire ! – sans revenir au niveau de l’an 2000. De fait les deux courbes qui se croisent sont celles de la production nucléaire – qui baisse, et celle des énergies renouvelables qui monte.

http://www.sortirdunucleaire.org/Allemagne-non-la-sortie-du-nucleaire-n-encourage
Au passage, notons que ce sont les entreprises du nucléaire qui exploitent aussi les mines et les centrales à charbon : le charbon est utilisé aux heures de pointe en complément du nucléaire.

– en fait, c’est la bulle du gaz de schiste aux USA qui a provoqué l’effondrement du prix du charbon, et donc l’augmentation du recours aux centrales au charbon plutôt qu’aux centrales au gaz. Par exemple, GDF Suez (devenu « Engie ») a « déprécié » 13 milliards d’actifs en 2013, des centrales au gaz neuves mais devenues trop chères à exploiter à cause de l’effondrement du prix du charbon.
http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20140227.REU1698/lourde-perte-pour-gdf-suez-due-a-15-milliards-d-actifs-deprecies.html

– notons aussi que la France achète plus d’électricité à l’Allemagne qu’elle ne lui en vend, bien sûr essentiellement aux heures de pointe. C’est à dire que malgré (ou grâce) à nos centrales nucléaires et à leur absence de souplesse, nous achetons de l’électricité «sale » à l’Allemagne.

http://www.rte-france.com/fr/eco2mix/eco2mix

– Enfin, l’Allemagne a annoncé qu’elle fermerait ses centrales les plus polluantes et sur la route pour tenir ses objectifs climat (-40 % d’émissions entre 1990 et 2020).

http://www.reporterre.net/L-Allemagne-dit-adieu-a-ses-centrales-a-charbon-enfin-presque

Bref, si le passage par un pic de charbon était un passage nécessaire pour sortir du nucléaire, dans le respect des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, cela serait discutable, au sens propre, c’est à dire et que cela pourrait en valoir le coup, dans certains limites et avec des garanties. Mais en fait, ce n’est pas le cas et ce n’est que de la propagande mensongère du lobby nucléaire des opposants à la transition énergétique.

Prochain épisode : si on ferme des centrales nucléaires, l’État devra verser des milliards à EDF …

Crise des éleveurs : l’étrange impuissance de l’Etat et la responsabilité de la société civile…

Alors que beaucoup d’éleveurs sont en quasi-faillite, victimes d’un système agricole insoutenable, le président de la République en est réduit à « lancer un appel » à la grande distribution (le 18 juillet, il retarde d’un mois :-D ) tandis que le ministre de l’agriculture appelle les consommateurs à « consommer français ».
C’est quand même fou ce constat d’impuissance de l’Etat, incapable de changer ce système destructeur tant des humains que des écosystèmes. Plutôt que de proposer des solutions, le président et le ministre nous expliquent tous deux que c’est de la faute de la méchante société civile.

Pourtant, des solutions, il y en a : développer les circuits courts de distribution (magasins ou marchés de producteurs,  AMAP, etc.), privilégier la qualité sur la quantité – mieux soutenir les petits producteurs et mettre fin au délire de gigantisme et à l’industrialisation à outrance des exploitations – interdire les projets type « ferme aux mille vaches ».
Quant au « patriotisme du consommateur », c’est assez drôle à entendre, ou plutôt tragique, alors que l’Etat français défend le futur traité tafta qui va encore aggraver le système en interdisant concrètement la mise en place de politiques nationales ou locales visant à l’amélioration de qualité ou la préservation de l’environnement, comme autant d’obstacles à la concurrence.
Bref, si ça va mal, c’est de la faute des méchants consommateurs qui cherchent des prix bas, encore accessibles pour de nombreuses familles dont le revenu réel diminue de plus en plus.
Bon, il y a quand même quelque chose de vrai dans ce déni de responsabilité du politique : tant en termes de coût économique qu’environnemental, la viande est ce qui pèse le plus. Si on veut diminuer notre empreinte écologique et aller vers la soutenabilité, c’est à dire préserver un avenir pour l’humanité, il faut consommer en moins.

Donc consommer moins mais consommer des produits de meilleure qualité. Et consommer local en poussant les éleveurs à faire de la qualité et en leur permettant de gagner leur vie correctement.

Mais ça, ni François Hollande ni Stéphane Le Foll n’en parlent…

http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/crise-de-la-viande-francois-hollande-lance-un-appel-aux-distributeurs-et-aux-consommateurs-706625

uberpop et taxis : La violence et le droit …

J’aime beaucoup la maxime de l’auteur de science fiction Isaac Asimov « la violence est le dernier refuge de l’incompétence ». Nous en avons encore une illustration dans le conflit entre les chauffeurs de taxi et les chauffeurs UberPop.
Les taxis ont choisi la violence, et malheureusement le gouvernement a choisi la lâcheté. Non pas que les taxis aient tort sur le fond : Uberpop est une perversion de l’économie collaborative, dès qu’on passe du covoiturage occasionnel à l’activité récurrente.
Mais plutôt que soulager les pulsions de leur cerveau reptilien et de casser des véhicules et même la gueule de chauffeurs et de clients, les chauffeurs de taxi et leurs organisation feraient mieux d’utiliser leur cortex et le droit. En Californie, un tribunal vient de requalifier le contrat entre les chauffeurs et Uberpop : pour la justice américaine, les chauffeurs sont des salariés et pas des indépendants. Et ça change tout, notamment l’équilibre financier d’Uberpop et la concurrence déloyale. Et sans violence !
Par contre, comment ne pas noter que les taxis ont été incapables de créer une appli pour favoriser les taxis collectifs, par exemple à la sortie des concerts, spectacles ou autres événements. Le taxi est cher, mais divisé par 3, 4 ou 5, c’est tout se suite plus abordable. Et ce n’est pas faute de l’avoir soufflé.
Mais notons quand même que le fin des taxis est devant nous : dès que les voitures sans chauffeurs testés aujourd’hui par google et par d’autres seront au point – d’ici une dizaine d’années selon les prévisions -, là, c’en sera réellement fini du métier de chauffeur de taxi !

http://www.liberation.fr/economie/2015/06/18/la-californie-n-est-plus-le-perou-pour-uber_1332335

le printemps des initiatives (éco)citoyennes …

Il y a quelques temps, j’étais très pessimiste sur l’état et l’avenir du mouvement écologiste. Et force est de constater que la vie politique ne donne pas beaucoup d’espoir !

Et pourtant, si on se place du point de vue des initiatives citoyennes, c’est plutôt un fourmillement printanier, un mouvement qui commence à prendre de l’ampleur !

Voici un lien sur un texte de réflexion sur le militantisme produit par un nouveau venu, « l’atelier Capacités », qui mérite que l’on s’y arrête un peu (https://ateliercapacites.wordpress.com/2015/04/08/reflexions-role-militantisme-ecologiste/).

Amaury et David, les deux fondateurs, ont été tous les deux des acteurs de la campagne municipale  de 2014. Ils en reviennent avec l’idée que l’action politique, électorale, n’est pas la seule façon de militer. On peut aussi militer de façon certes moins visible, en adoptant un mode de vie plus écolo, plus conforme à ses idées.

Dans un milieu social qui ne le facilite pas, il faut alors trouver des solutions individuelles et collectives pour permettre cette évolution des modes de vie, et permettre leur réplicabilité, et espérant que l’addition des comportements individuels aura un impact collectif.

Ce « militantisme invisible » selon les termes de l’atelier capacités a pourtant déjà un nom, « écocitoyenneté » : être citoyen du monde en étant d’abord acteur de son quartier, changer son mode de vie plutôt qu’attendre « un « changement des structures », un changement imposé « d’en haut » par la politique.

En réalité, l’un et l’autre ne s’opposent pas : il n’y pas de changement politique possible sans un mouvement (éco)citoyen fort, et c’est dans doute cette absence qui permet aujourd’hui les dérives du mouvement écologiste.

Mais à l’inverse, un mouvement social écocitoyen fort aura besoin d’un mouvement politique pour faire évoluer les règles de droit qui limitent les possibles. Qu’on pense par exemple au débat sur le traité TAFTA ou sur la biopiraterie, le brevetage du vivant …

Rappelons nous tout de même qu’au départ du mouvement écologiste, il y avait une volonté – opposée à celle des partis marxistes – de changer la vie « par en bas », sans attendre le grand soir, par une mobilisation et un changement citoyen. Voici donc un joli retour aux sources !

Ateliers capacités,  Anciela et sa belle pépinière d’initiatives (http://www.anciela.info/pepiniere-dinitiatives-citoyennes-la-demarche/), association « conscience et impact écologique » et ses conférences à domicile (http://association-cie.fr/), renouveau de l’éducation populaire par des associations locales,des coopératives d’éduc pop, etc. ou encore mouvement Alternatiba au niveau national … du côté des initiatives citoyennes, le printemps est en train d’arriver !

Pour le « vieux » militant politique que je suis, c’est de l’oxygène … vitale et même euphorisante quand la concentration augmente !

Et cette dynamique citoyenne et jeune est porteuse de belles promesses pour notre avenir politique, si ce n’est à court terme, au moins à moyen terme…

Le futur plan local d’urbanisme de la métropole lyonnaise est-il compatible avec une transition écologique de notre territoire ?

Intervention faite lors du conseil de la métropole de Lyon le 11 mai 2015

Monsieur le président,
Chers collègues,

Juger des grandes  orientations de notre futur PLU-H, c’est d’abord juger de leur adaptation au contexte qui sera le nôtre dans les années à venir.  Et de ce point de vue, les rapports scientifiques se multiplient et convergent pour dire que nous allons vivre des grands bouleversements, dus à une accélération des phénomènes écologiques qui vont conjuguer leurs effets :

  • dans le domaine climatique, quel que soit le résultat de la COP 21 en décembre à Paris, il ne s’agit plus d’arrêter le réchauffement, mais de le limiter et d’adapter autant que faire se peut notre tissu urbain,
  • dans le domaine énergétique, malgré le yoyo actuel du prix du pétrole, nous allons dans les prochaines années entrer pour de bon dans la phase de raréfaction des énergies fossiles et des matières premières, ce qui va rendre inadaptée la forme urbaine issue du 20ème siècle et de la Charte d’Athènes.
  • Dans le domaine agricole, le mauvais état d’une grande partie des terres fertiles dans le monde va provoquer de grands désordres alimentaires, ce qui aura des conséquences sur le prix de l’alimentation ici aussi.

Première question : compte-tenu de ces prévisions, le PLU-H va-t-il dans la bonne direction ? Et deuxième question, va-t-il assez vite et assez loin, c’est-à-dire est-il à la hauteur des enjeux, et des ruptures nécessaires ?

Pour la première question, le PADD (nb : « projet d’aménegement et de développement durable », qui définit les grandes orientations du futur PLU) reprend et décline les orientations du schéma de cohérence territoriale que nous avions approuvé. Nous ne pouvons dans une courte intervention entrer dans le détail mais nous notons avec satisfaction  des évolutions importantes d’un PLU à l’autre, comme par exemple pour la première fois l’intégration des objectifs énergie-climat dans l’aménagement urbain.

Concernant notamment les réseaux énergétiques dans la planification urbaine, nous devrons intégrer les résultats du schéma directeur énergétique. Le PLU-H devra notamment réserver les emplacements pour les réseaux, je pense bien sûr en premier lieu au réseau de chaleur urbain, et aussi définir les endroits où la production d’énergie décentralisée est compatible avec les autres règles d’urbanisme, notamment celles relatives à la protection du patrimoine.

Nous souscrivons également aux objectifs de construire une ville des « courtes distances », et d’intégrer la nature en ville, comme élément de qualité de vie et aussi comme moyen d’adaptation au réchauffement climatique. Le PLU-H devra aussi, en cohérence avec le Plan des Déplacements Urbains réserver l’emprise nécessaire aux nouvelles lignes fortes de transports en commun, et adopter une réglementation du stationnement dissuadant l’usage de l’automobile pour les trajets pendulaires, c’est-à-dire domicile/travail.

Nous approuvons aussi l’objectif de protéger les espaces naturels et les terres agricoles et de valoriser l’activité agricole périurbaine.

Saluons au passage l’important travail de connaissance du patrimoine naturel qui a été engagé depuis plusieurs années et qui porte ses fruits aujourd’hui. Grâce au travail sur la trame verte et sur les corridors écologiques,  nous avons une connaissance bien meilleure des espaces et des espèces naturelles présentes sur notre territoire. Cela doit permettre à l’avenir d’aménager sans détruire, de concilier la protection des espèces et des espaces avec l’activité humaine.

Mais à la deuxième question,  notre PLU-H va-t-il assez vite et assez loin, nous avons encore à ce stade des interrogations, et si les orientations sont bonnes, c’est dans la manière dont elles seront déclinées que nous aurons des réponses.

Tout d’abord parce que les 4 objectifs qui nous sont proposés dans ces orientations peuvent être contradictoires : l’objectif du développement économique ne doit pas avoir pour conséquences de permettre de grands projets inutiles comme le serait le périphérique ouest, qui siphonnerait nos moyens d’actions en aggravant la dépendance du territoire aux énergies fossiles.

Par ailleurs, nous sommes inquiets de voir de belles orientations passées à la moulinette de la rationalisation budgétaire. C’est notamment le cas du logement, où nous devons absolument poursuivre notre effort, faute de quoi l’évolution urbaine due à la dynamique naturelle du marché irait au contraire des objectifs de solidarité et de mixité sociale qui nous sont chers.

C’est valable tant pour la production de logements neufs que pour la politique de réhabilitation thermique du logement qui doit absolument monter en charge pour éviter que le prix de l’énergie aggrave encore plus la fracture sociale.

Pour conclure, nous avons la conviction que seuls les territoires qui auront effectué une transition vers la sobriété des modes de vie seront capables de répondre aux besoins humains de leur population. Vous n’en serez pas surpris, notre clé de lecture du futur PLU-H sera de savoir s’il représente une réponse locale pertinente face aux désordres globaux que nous subissons déjà et qui vont aller en s’amplifiant. 

Pour aller plus loin, le lien
http://blogs.grandlyon.com/mavilleavenir/files/downloads/2013/07/PLUHorientationsPADD24_05_web.pdf

Comment réussir son jardin quand on a que le week-end à y consacrer ?

je ne jardine que le week end

La plupart des guides et conseils de jardinage sont faits pour les jardiniers assidus. Et quand on vit en ville et que l’on est pas retraité, entretenir un jardin potager où d’agrément est un luxe inaccessible.

Or, Sandrine Boucher et Alban Delacour vivent tous deux à Lyon et n’ont que le week-end pour entretenir leur jardin potager à quelques dizaines de km de Lyon. A partir de leur expérience ils nous proposent un petit livre précieux, très clair et très bien illustré, pour réussir un jardin potager ou d’agrément quand on ne peux pas s’y consacrer la semaine, et même pas tous les week-end…

Je connais bien et j’apprécie beaucoup Sandrine Boucher, à mon avis l’une des meilleures « plumes » de Lyon. C’est Sandrine qui a lancé et conduit jusqu’à l’an dernier le programme « Héros Ordinaires », dans le cadre du plan climat du Grand Lyon. Ce travail, réalisé en compagnie de jeunes volontaires du service civique,  a permis de découvrir et de mettre en valeur de nombreuses pratiques quotidiennes de personnes habitant la métropole lyonnaise, montrant qu’une transition écologique de notre agglomération est compatible avec une meilleure qualité de vie. Pour les curieux, voici le lien http://blogs.grandlyon.com/plan-climat/tag/heros-ordinaires/.

Revenons au jardinage. on trouve dans ce beau livre beaucoup de conseils et de « recettes » d’une grande clarté :

– savoir prendre son temps, laisser faire la nature,
– préparer un terrain sans se casser le dos,
– bien s’équiper sans se ruiner,
– choisir les variétés de légumes adaptés,
– comprendre quelques clés de botanique …

Cerise sur le gâteau, les illustrations sont nombreuses et superbes.

Selon les auteurs, cet ouvrage doit permettre de

« cultiver beau, bon, bio et SURTOUT avec le minimum d’entretien à fournir. Avis donc aux contemplatifs, amateurs de sieste mais aussi de bonnes choses dans l’assiette ».

Notons que ce livre est publié aux éditions Terre Vivante, ce qui est en soi un gage de sérieux. En tout cas, la lecture donne très envie de s’y mettre !

Je prends même le pari qu’il deviendra un classique du jardinage amateur !

Je ne Jardine que le Week End !
Sandrine Boucher & Alban Delacour
21 cm x 21 cm
120 pages
ISBN 9 782360 981694
14 €
Mars 2015
Editions Terre Vivante

naissance d’un « eco hacklab » à Lyon, tiers lieu consacré à la science citoyenne et au développement durable

Le problème des projets vraiment innovants, c’est qu’ils ne se rangent dans aucune catégories existantes.  Inclassable mais extrêmement intéressant, un nouveau tiers-lieu « la Paillasse sur Saône », a été inauguré le 28 avril dernier.

la paillasse sur saône 3

Comme il est difficile de décrire simplement ce beau projet, voici la description qu’en donne leur site web : « Le but: être un espace ouvert regroupant les fonctions de hacklab (laboratoire communautaire ouvert), fablab (laboratoire/atelier de fabrication) et espace de co-working (espace de travail partagé et en réseau), au service de l’expérimentation et du développement de projets bio-inspirés s’inscrivant dans une logique de soutenabilité/durabilité. La Paillasse Saône a pour vocation d’être un espace de LIBERTE, d’EXPERIMENTATION et d’INNOVATION CITOYENNE: un tiers-lieu open-source. (…) L’ambition de la Paillasse Saône est d’être une plateforme physique d’échange, de partage, de collaboration et co-construction de solutions durables et de réflexions par les citoyens au service de la société civile autour de projets (personnels ou collectifs) à l’interface entre technique, technologie, science et société. »

la paillasse sur saône 1

Logée tout près du campus de la Doua dans une villa désaffectée appartenant au Grand Lyon, la Paillasse  sur Saône regroupe déjà des projets alléchants :

– développement d’un système de micro-méthanisation à l’échelle d’un foyer ou d’un immeuble permettant notamment la valorisation des déchets ménagers pour la production de biogaz,

– prototype de boitier connecté pour gérer les différentes données d’un espace de coworking,

– application numérique pour rapprocher distributeurs et consommateurs dans la lutte contre le gaspillage alimentaire,

– modules aquaponiques et hydroponiques, travail sur les substrats légers et composites, dans une démarche d’économie circulaire,

– expérimentation sur la production de cellules photovoltaïques robustes, open source et appropriable – etc.

Science citoyenne, développement durable, low-tech, exigence de réalisations open source…  je crois que je vais les suivre de  près …

Bienvenue et longue vie à la Paillasse Saône ! https://lapaillassaone.wordpress.com/

boulanger et économie d’énergie : une action concrète du plan climat de la métropole lyonnaise

Denis Roisil dans sa boulangerie

Dans le cadre de son Plan Climat Energie, la métropole de Lyon a mis en place une action avec la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) et la Chambre des Métiers  et de l’Artisanat destinée à aider les entreprises et les artisans à économiser de l’énergie … et à contribuer aux objectifs de réduction des émissions de GES.

Ce dispositif « Lyon Eco-Energies » est géré concrètement par les deux chambres consulaires, avec le soutien de la métropole et de l’ADEME.

Un boulanger du quartier de la Martinière à Lyon a répondu à la proposition et a fait l’objet d’un conseil en énergie.

Economie potentielle : 1000 € par mois ! Pas mal pour un artisan, non ?

le lien :
http://blogs.grandlyon.com/plan-climat/2015/04/10/la-boulangerie-saint-vincent-met-la-main-a-la-pate-pour-realiser-des-economies-denergie/

Une réaction de Romain Blachier qui « ne veut pas aseptiser le derby »

Mon collègue et ami Romain Blachier – par ailleurs adjoint à la maire du 7ème – est en désaccord avec la tribune que j’ai co-signé avec Olivier Longeon et pense qu’il ne faut pas aseptiser le foot.
Voici sa réponse
http://www.lyonmag.com/article/72249/l-ol-et-les-gens-de-bon-gout